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  • Exposition au DIDAM

    1808 – L’Abdication à Bayonne : ornement et délit au DIDAM

    Commissaires  de  l’exposition :
    José Ramon AIS, artiste, vivant et travaillant à   Bilbao
    Olivier RIBETON, conservateur en chef du Musée Basque de l’histoire de Bayonne

    José Ramón Ais, Jardín de la guerra de la Independencia española, 2015-2016, Artistaren bilduma / Collection de l’artiste
    © DR

    Napoléon s’installe dans la sous-préfecture du centre de Bayonne; l’endroit est inconfortable et il exige un logement digne. Ce sera le château de Marrac qu’il fait meubler par le garde-meuble impérial. Il y invite les souverains espagnols à dîner, transformant ce château en théâtre des abdications. Le 5 mai 1808, Napoléon réunit les rois d’Espagne, Ferdinand VII, logé à l’hôtel Dubrocq, et Charles IV, à l’hôtel du Gouvernement, et obtient l’abdication des Bourbons avant d’installer son frère Joseph sur le trône d’Espagne. En 1825, un incendie réduira en ruines le château de Marrac. Les vestiges de l’ancienne décoration seront dispersés. L’histoire de l’Abdication à Bayonne est aussi l’histoire de l’ornement et de l’habitat des châteaux de l’aventure impériale. Ces dernières années, de nombreuses expositions ont été consacrées à ce fait plus ou moins illégitime que constitue la double abdication des Bourbons à Bayonne suivie de l’adoption de la première constitution du royaume d’Espagne, dite de Bayonne, au nom de Joseph 1er. Partant des travaux manuels des princesses espagnoles dans leur exil français – tapisserie, ornements floraux, jardinage – nous pouvons explorer un certain monde  culturel afrancesado, la décoration comme refuge face à l’échec du projet des Lumières.

    Les commissaires, Olivier Ribeton et José Ramón Ais, sont partis d’une œuvre de cet artiste, Le jardin de la Guerre d’indépendance espagnole, pour structurer l’exposition. En s’inspirant des noms scientifiques donnés en botanique de manière éponyme avec certains personnages historiques (Carlos IV, Maria Luisa, Manuel Godoy, Napoléon et Joseph / José 1er Bonaparte..), José Ramón Ais crée un parallèle entre ces plantes et ces personnages de pouvoir, principaux acteurs de l’Abdication à Bayonne : « les expéditions botaniques parcouraient les colonies à la recherche de matières premières pouvant servir au développement économique. Chaque nouvelle trouvaille devait être nommée et cataloguée selon l’esprit des Lumières […] les protagonistes de l’Abdication à Bayonne et des guerres contre les Français possèdent leurs équivalents botaniques. Leurs noms ont été donnés à de nouvelles espèces botaniques , comme par exemple le mexicain árbol de las margaritas est appelé Ferdinanda emines en l’honneur de Ferdinand VII ».

    Aux côtés de ce paysage photographique inspiré des plans de la décoration intérieure du Palais de Marrac et réalisé par José Ramón Ais, une sélection d’œuvres  d’artistes contemporains est exposée en écho aux reproductions historiques. Les œuvres graphiques de Ian Hamilton Finlay, Alberto Baraya, Carmen Cabrera, Álvaro Perdices, du collectif Agustín Parejo School, la peinture de Pedro Álvarez, les installations de Pepa Rubio, les recherches de Noémie Malet, la palette de boîtes de conserves de Federico Guzman, ou encore la vignette de BD de Miguel Brieva, soulignent les actes de troc, duperies et intérêts des négociations politiques.

    La conception du jardin tient de l’essai paysagiste qui fonctionne de façon conceptuelle et génère différentes sphères d’étude et d’expérimentation. On y réfléchit sur la violence, le colonialisme et l’impérialisme à travers l’histoire, en cherchant à transposer et à mettre en évidence leur problématique dans le contexte actuel, tout en proposant de transformer un champ de conflit politique en un lieu de contemplation et de délassement, dans lequel l’entropie de la nature elle- même neutralise les « histoires officielles », un anti- monument où ne sont représentés ni les vainqueurs, ni les vaincus.

    1808 – L’Abdication à Bayonne : ornement et délit contextualise historiquement le processus des abdications en réunissant différentes œuvres de l’époque à côté d’une sélection d’artistes contemporains, et prenant comme fil conducteur le récit historique réinterprété dans le projet de José Ramón Ais intitulé Jardin de la guerre d’Indépendance espagnole (2015- 2016). Un jardin qui pourrait être considéré comme la traduction d’une guerre dans un paysage. Dans cette œuvre, les conjurations, ambitions et trahisons des personnages qui déclenchèrent le début de la guerre, se dissolvent et se transforment en arbres, fleurs, lacs et promenades dans un jardin paysager. Le processus de création de ce paysage procède d’un collage formé d’éponymes honorifiques dédicacés aux protagonistes du conflit. En botanique, la nomenclature binominale formalisée par Carl von Linné attribue les noms scientifiques des espèces ; dans ce procédé figurent de nombreux éponymes honorifiques dédicacés à des personnalités du monde scientifique, certes, mais aussi à un vaste éventail de puissants tout au long de l’histoire.

    Dans l’exposition 1808 – L’Abdication à Bayonne : ornement et délit, le jardin est le contexte où différentes visions artistiques réfléchissent sur les conflits armés, le colonialisme, les territoires et les paysages à l’ère de la mondialisation.

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    Focus sur l’œuvre Tomaco

    Federico Guzmán, Tomaco, 2006, Artistaren bilduma / Collection de l’artiste
    © DR

    Tomaco (2006), de Federico Guzmán, est une œuvre qui s’inspire d’un épisode de la série de dessins animés Les Simpson. Après avoir fertilisé son potager au plutonium, Homer Simpson découvre le Tomaco, hybridation de la tomate et du tabac, et dont les qualités hautement addictives vont lui permettre de devenir, pense-t-il, millionnaire. Les projets de business juteux sont frustrés par la folie massive produite par l’addictif tomac, faisant capoter l’accord avec une multinationale.
    La tomate et le tabac appartiennent tous deux à la famille des solanacées, ce qui permet leur hybridation, et à l’artiste de convertir cette fiction végétale en réalité. Federico Guzmán utilise l’union des deux espèces originaires de la cordillère des Andes, fortement présentes dans la mythologie  ancestrale,  et surexploitées par le mercantilisme actuel, pour réfléchir à l’écologie et à l’éthique dans l’usage et la distribution des ressources. Dans l’exposition, une palette de boîtes de conserve de tomac nous présente l’aliment addictif comme il nous serait présenté dans les supermarchés ; c’est cette pyramide qui nous rappelle que c’est Napoléon qui ordonna de trouver un système de conservation des aliments permettant l’approvisionnement en vivres et le ravitaillement de  ses troupes en temps de guerre.

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    Exposition "Traité de Paix – Le génie de l’art" Une représentation de la paix dans l’histoire de l’art
    1808 – L’Abdication à Bayonne : ornement et délit

    Du 3 juin au 25 septembre 2016

    Logo DIDAM

    DIDAM
    6 quai de Lesseps 64100 Bayonne.
    Ouvert du mardi au dimanche de 13h à 19h ainsi que les jours fériés.
    Fermeture exceptionnelle les 29, 30 et 31 juillet
    Entrée libre

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