• [Aller au menu]
  • Actualité

    La poterie d'art de Ciboure au musée Basque

    Lécythe à décor néo-grec attribué à Richard Le Corrone. Vers 1930. Collection Musée basque et de l'histoire de Bayonne (don Lacoste)
    © Musée Basque et de l’histoire de Bayonne / A. Arnold - L. Camblong
    Tasse à café et sous-tasse à décor basque, tampon « VE CIBOURE », vers 1930-1940. Collection Musée basque te de l'histoire de Bayonne. Collection Musée basque et de l'histoire de Bayonne.
    © Musée Basque et de l’histoire de Bayonne / A. Arnold - L. Camblong
    Vase bursiforme à anses, "VE Ciboure". Décor attribué à Pierre Almès. Vers 1935. Musée basque et de l'histoire de Bayonne. Collection particulière.
    © Musée Basque et de l’histoire de Bayonne / A. Arnold - L. Camblong

    L'histoire d'une poterie installée à Ciboure de 1919 à 1995 nous est contée au musée Basque à travers ses phases de développement et ses mutations : véritable fresque d'une petite entreprise qui a su allier réussite économique et sens de l'esthétique.

    Être touché par la beauté ; chercher à la créer, telle fut la démarche d'Edgar Lucas après avoir vu des pièces de céramique grecque découvertes lors de fouilles à Salonique, là où il était mobilisé pendant la Grande Guerre. À son retour à Ciboure en 1919, il s'associe au peintre Louis Floutier pour ouvrir une poterie. Objectif : produire des vases d'inspiration grecque, dont ils emprunteront le style, qu'ils enrichiront de thématiques propres au Pays basque. Un troisième acolyte les rejoint très vite dans l'aventure : Etienne Vilotte, qui apporte l'indispensable touche commerciale, en se positionnant rapidement comme chef d'entreprise. En 1922, Vilotte reste seul aux commandes. Il dépose une marque "VE Ciboure".

    L'imprégnation de l'art déco

    De la Grèce antique, la production retient la construction en frise et les motifs géométriques des 3 bandes parallèles alternées avec des figures rappelant l’alternance triglyphes et métopes de l’architecture antique, ce qui restera une signature du style Ciboure. Le type des figures noires et rouges dans lequel le sujet se détache est également très présent. Les thèmes issus de la mythologie grecque - Apollon enlevant Daphné, Héraclès terrassant le lion de Némée, Œdipe répondant aux questions du Sphinx, sont repris de même que les vases canopes de style égyptien, ainsi que le style orientalisant. Après la période d'inspiration antique, l'imagerie traditionnelle basque - le bouvier, le pelotari, les scènes de danse, le retour du marché, prend le dessus dans les années 30, au moment où l'Art déco fait irruption. Comme un contre-point à l'ère naissante de l'industrialisation et au culte de la vitesse, l'Art déco traite les scènes en rondeur. Avec douceur et harmonie, il fait appel à l'art floral pour capter les regards et apaiser les esprits.

    Les Fischer, un couple de passionnés

    L'affaire prospère jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, puis connaît un ralentissement, lié notamment à une difficulté d'approvisionnement en terre. Interviennent alors deux Parisiens, Rodolf et Suzanne Fischer, venus passer commande après avoir apprécié plusieurs poteries exposées à Biarritz. Vilotte ne peut satisfaire leur demande, mais leur propose de racheter l'entreprise ! Ce que les deux passionnés de céramique ne tardent pas à accepter. Ils en resteront propriétaires jusqu'en 1977, au moment où leur fils Max et de sa femme Carmen, fille d'un des potiers, prennent le relais. Entre 1945 et 1995, année qui correspond à la fermeture définitive de la poterie, jusqu'à vingt employés y travaillent pour répondre à une demande émanant des touristes, mais également du Pays basque, où la mode est à l'ornementation d'intérieur. La production se diversifie pour aller vers davantage d'objets utilitaires. On voit apparaître des cafetières, théières et cendriers. En 1950, le tour est abandonné au profit du moulage. Suzanne Fischer expérimente le style Jorraila, qui fait ressortir un décor émaillé sur fond brut. Beaucoup d'ingéniosité a continuellement marqué l'histoire de cette entreprise, jusqu'au désintéressement du public pour le "fait main" dans les années 1990.
    Le tout dernier four est allumé fin 1996 par l'artiste Robert Brandhof, alors en résidence de création à Biarritz : une partie de sa création est aussi exposée.
    Quelque 500 pièces sont présentées lors de cette exposition unique, dont la majeure partie a été prêtée par des particuliers.

    > "La Poterie d'art de Ciboure, 1919-1995", du mardi au dimanche de 10h à 18h, sur réservation, jusqu'au 3 janvier 2021.
    > Musée Basque et de l'histoire de Bayonne, 37 quai des Corsaires
    Plus d'infos > musee-basque.com

    A lire aussi

    Actualités

    Agenda

    • Costumes et mémoires de fils

      Basque bayonne Culture

      L’art du costume populaire tient de l’esprit de création individuel mais aussi de l’expression
      de la sensibilité artistique d’un peuple. Dotée d’un vestiaire unique composé de plus de 900
      pièces, la Cie Maritzuli est une référence incontestable dans le domaine des arts et traditions
      vestimentaires au Pays Basque.