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    Un matin en Aragon capté par Abel Bourgeois

    Vingt-deux photos prises à la chambre un matin d'hiver en Aragon par Abel Bourgeois seront exposées au DIDAM du 18 juillet au 13 septembre.
    © DR
    Ce paysage fantasmagorique est situé au pied du barrage d'Ainsa, en Aragon. © Abel Bourgeois
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    Un jeu de clair obscur attire l'œil vers le centre de l'image où des branches semblent former une ronde. © Abel Bourgeois
    © Abel Bourgeois
    En hiver, les lieux sont désertés et semblent abandonnés. Le travail de composition et le rendu des couleurs en renforcent l'aspect mystérieux. © Abel Bourgeois
    © Abel Bourgeois

    Trois talents du Pays Basque exposent leurs photos au DIDAM cet été. Aux côtés d'Anne Kuhn et Kepa Etchandy, Abel Bourgeois propose une série de photos prises à la chambre en Aragon.

    Aragon 2 est une série de moyens et grands formats prise au barrage d'Ainsa un matin de janvier entre 5h et 9h, par moins 5°C, et en une seule fois… "Ce jour-là, les conditions étaient réunies, explique l'auteur. Rien d'hasardeux en fait, c'est un endroit que je connais par cœur, que je sillonne en camion l'hiver et que j'ai repéré depuis plusieurs années. Il avait plu la veille, tout brillait dans ce lit de rivière. J'avais une idée en tête, j'étais là depuis une dizaine de jours et j'attendais l'instant propice. Au moment de la prise de vue - il faut compter entre quinze et vingt minutes pour une seule photo, je savais ce que j'avais dans la boîte." 
    On l'aura compris, Abel Bourgeois est un aventurier, mais un aventurier qui s'entoure de technique. Il fabrique d'ailleurs la plupart de ses appareils, en récupérant des morceaux ici et là, pour un résultat conforme à ses attentes. Sa formation initiale d'ébéniste contribue à la fabrication, pour ce qui est du dessin notamment ; le dessin dans ses détails techniques constituant l'étape indispensable et préalable à toute bonne réalisation. 

    L'art de la composition

    Photographe autodidacte, Abel Bourgeois cherche à rendre une ambiance, une atmosphère particulière. Ce paysage désertique situé sur les contreforts des montagnes aragonaises, aux portes de la Sierra de Guara, happe le spectateur pour le plonger dans une forme de mystère. "Le travail à la chambre facilite le contrôle du rendu, poursuit-il. On maîtrise mieux la composition de l'image en cadrant comme on le souhaite, en ajoutant un flou là où l'on veut…" Quant aux couleurs, elles sont à peine retouchées. "Je scanne le film pour le réglage et sans vouloir entrer dans le débat de la retouche, cette étape-là permet d'améliorer le rendu au tirage. Tireur, c'est un métier, mais on n'obtient pas un bon tirage avec une mauvaise base." Il passe ainsi plusieurs heures à peaufiner les choses et tenter de retranscrire dans les détails l'image qui s'est fixée dans sa mémoire… tout cela afin de procurer au spectateur une émotion esthétique. Car, c'est là son véritable objectif. 
    "Ce que l'on donne à voir est souvent plus fade que ce que l'on a vu. Ainsi, ce matin-là, j'avais sous les yeux une multitude de points brillants, parce qu'il avait gelé pendant la nuit, c'était magique… Mais beaucoup de ces mille feux ont disparu à la captation."
    Qu'importent les paillettes, l'envoûtement est bien au rendez-vous. Qu'elle tienne à la composition, au cadrage ou à la colorimétrie - sans doute à un peu des trois d'ailleurs, chacune de ses créations est de nature hypnotique.

    DIDAM, 6 quai de Lesseps, du 18 juillet au 13 septembre, ouvert tous les jours de 14h à 19h, jours fériés inclus.
    Plus d'infos > Expositions à venir au DIDAM

    Lire aussi le portrait d'Anne Kuhn > La condition féminine vue par Anne Kuhn 

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